30 juin 2008

Les socialistes et le marché

Suite de nos débats dans le cadre de la rénovation du Parti socialiste : "Les socialistes et le marché", présneté par Nicolas DUBOURG en novembre dernier.

Les socialistes et le marché

Cette question qui semble sous-tendre le débat organisé au sein du parti, et qui fait depuis de nombreuses années l’objet de tentatives d’éclaircissement, est en soi une fausse question.
Elle paraît être dictée par la droite au nom d’une croyance. Cette croyance étant que pour entrer dans l’ère du capitalisme consensuel du 21ème siècle, le parti socialistes doit adhérer sans réserve aux principes du marché.


Pourquoi cette question est une fausse question et en quoi les socialistes doivent se réapproprier le pouvoir de poser les questions, tel est le sujet de ma contribution de ce soir.

Le marché n’existe pas, le marché n’est qu’un mot, comme aurait pu le dire le sociologue Pierre Bourdieu.
Il est un mot valise qui s’incarne aussi bien dans le quotidien de chacun que dans les modèles théoriques des économistes. Mais à chaque apparition, il revêt une signification différente.
La signification qui p    ose problème pour le politique n’est pas le marché que l’on croise au coin de la rue, mais celui, idéalisé par certains, qui pose la liberté et la justice comme le droit de chacun à faire ce qu’il veut sans contrainte ni obstacle.
Pour le socialisme moderne, pour qui la justice siège au premier rang de la politique, la liberté ne peut se limiter à cette vision simpliste et déconnectée des cicatrices de l’histoire.
Car si chacun doit pourvoir réaliser ses choix et en accepter la responsabilité, il doit le faire librement sans subir le poids d’un passé hérité.
La ligne de rupture est là.

Il est temps pour les socialistes de renouer avec les idéaux de la république qui leur a donné naissance et ce à un moment où la droite occupe un terrain que nous lui avons cédé à vil prix : je veux parler du terrain de la liberté assise sur le socle de l’égalité des chances.
De l’école à l’héritage en passant par les systèmes de solidarités mutuelles, il est urgent de reconstruire ce que nos idéaux avaient su fonder en principes.

Le libéralisme social doit réconcilier les socialistes non pas avec le marché qui est une forme appauvrie du libéralisme mais avec l’égalité des chances qui constitue le socle éthique d’une société libre et juste .

11:25 Publié dans > Débats | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |

Commentaires

Le tout est de savoir ce que l'on met derrière une notion aussi vague que celle de libéralisme social... En effet, on n'est pas très loin d'un modèle, le keynésianisme, qui fut à la base de l'action publique en France depuis la Libération. Il ne me semble pas que les positions de l'ensemble de nos dirigeants soient sur cette ligne...
Le public attend des réponses plus claires :
Pourquoi l'Etat doit intervenir ou ne pas intervenir ?
Comment construire l'équilibre entre les logiques du marché et les contextes sociaux et environnementaux ?
Qu'est ce qui doit se substituer à l'Etat en cas de retrait de ce dernier ?
Peut-on penser des modèles économiques et sociaux alternatifs ?


C'est sur des questions de ce genre que l'électeur nous jugera.... et on a encore du travail pour y arriver. Espérons que le congrès, pour une fois, sera l'occasion de trancher la question.

http://languedoc-socialiste.blog4ever.com/blog/index-215696.html

Ecrit par : Olivier34 | 16 juillet 2008

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