26 novembre 2008
Une école pour Victor et Hugo
Ce 75ème congrès enfin terminé, je me permet de vous relayer la lutte que mènent de plus en plus d'instituteurs, contre les réformes engagées par le ministre de l'Education Nationale Xavier darcos.
En particulier la lettre ouverte d'un instituteur de Saint-Jean-de-Védas, que je vou sinvite à relayer, commenter, diffuser autour de vous, réseaux, amis, collègues, organisations syndicales, associations, etc.
A voir sur :
http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com
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Après les luttes internes, la vraie résistance contre l'occupation du terrain social et politique (re)commence !!!
16:13 Publié dans > Débats | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : école, primaire, réformes, darcos, résistance, rased |
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Commentaires
voilà un enseignant qui nous change des débats internes.N'est-ce pas ce qui devrait nous préoccuper au plus haut point,avec de nombreux autres problèmes,chômage,immigration,pouvoir d'achat,guerre en Afghanistan,etc...
Alors je soutiens de tout coeur ce citoyen.
Michel Guillot
Ecrit par : guillot | 26 novembre 2008
Les débats internes ne sont pas inutiles, ils sont à mon avis nécessaires pour que le PS ait enfin un impact national réel, une connexion avec la société sur ces sujets d'actualité politique.
Il faut un PS ouvert, avec plus de militants, des gens qui ne sont pas comme on l'entend des "supporters" mûs par des "logiques d'opinion" mais des citoyens engagés qui ne sont pas intéressés par les logiques et les stratégies des notables du parti.
Alors le PS pourra peut-être jouer son rôle, s'opposer efficacement, lancer même des mouvements sociaux, des mouvements d'idées, de convictions, au lieu de tenter péniblement de les suivre ou de les récupérer, en un mot cesser d'être inaudible en face de la catatrophe sarkozyste.
Ecrit par : olivier rouanet | 30 novembre 2008
C'est pas pour nous mettre du baume au coeur, mais pour continuer le combat ...
La journée de LOU 3 septembre 2014
LOU est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son cousin, éculée, tachée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque.
La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congé maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée il y a 3 semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle, il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.
Du coup LOU ne comprend pas pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.
On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation.
Il devra rester de 12h à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame pendant le soutien ; son ventre gargouillait.
Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance ; il est allé à l'école à 3 ans mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel.
Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie.
L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.
Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires.
Mais LOU a toujours plus de chance que son voisin Kévin ; il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand- père qui n'a presque plus de retraite.
LOU est au fond de la classe. La chaise à coté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base élèves. Il ne reviendra jamais. LOU n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police,) à coté de son père menotté. Il paraît qu'il n'avait pas de papiers...
LOU fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.
Du fond, LOU ne voit pas très bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens. L'an prochain LOU devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L'EPEP (Etablissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.
LOU se demande si après le CM2 il ira au collège ou en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier sont moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père de LOU a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là -bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'était très bien la mondialisation, que ça apportait de la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune cousine de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse d'école, dans la classe de Monsieur Luc. Il remplace Monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec de vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café car sa formation n'est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et bac +5, servir des bières le soir, faire classe la journée, c'est épuisant». Surtout qu'elle dort dans un salon chez LOU, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.
Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien.
LOU se demande pourquoi il est là ,
- Pourquoi Saïd a dû partir,
- Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit,
- Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail,
- Pourquoi ils sont si nombreux en classe,
- Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année,
- Pourquoi il devra prendre le bus,
- Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages,
- Pourquoi on le punit ainsi,
- Pourquoi il n'a pas de lunettes,
- Pourquoi il a faim.
Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement trouvées sur le net.
Si vous ne voulez pas que vos enfants, petits-enfants, neveux, nièces, petits voisins,..., deviennent des copains de classe de ce petit LOU, faites suivre ce texte à votre carnet d'adresse ! Il faut que tout le monde prenne conscience que c'est ce qui les attend à plus ou moins court terme ! Il faut que le ministère arrête de détruire l'Education Nationale !!!! Merci pour eux.
Pas écrit, mais transmis, par Emile Proust/Amitiés à tous.
Ecrit par : Emile Proust | 02 décembre 2008
en lien le communiqué de Bastien Cazals suite à sa convocation à l'IA ce matin au Rectorat de Montpellier. Plus de 120 personnes étaient sur place pour le soutenir, enseignants, syndicalistes, parents d'élèves. et la presse nombreuse aussi. je pense que c'est sur ce genre de combat que le PS doit regagner sa crédibilité et son engagement pour la défense des plus faibles, la justice sociale et l'égalité républicaine. Mais là, aucun parti politique de gauche n'a pris position pour soutenir la démarche de bastien. Dans les discussions, on me fait remarquer que ce mouvement est "apolitique"....!! Mais non, pas du tout, bien au contraire !
Nous avons de la route à faire encore, mais elle doit se faire sur le terrain, dans les combats sociaux, pour redonner de l'espoir et de la confiance dans la démocratie, les pouvoirs publics et la politique.
http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/archive/2008/12/03/communique-de-presse-de-bastien-cazals-suite-a-sa-convocatio.html
Ecrit par : Nicolas | 03 décembre 2008
Bastien n'est pas syndiqué alors ce serait un mouvement apolitique???
La politique c'est quoi? Un mouvement issu du peuple ne serait pas politique? Si le parti socialiste continue à faire la sourde oreille aux mouvements du peuple et considère que cela ne le regarde pas, alors il faut arrêter de faire de la politique!!!
Et je crois bien que, justement, ce que reprochent de plus en plus d'électeurs de gauche au parti socialiste, c'est de ne plus être politique!
Ecrit par : Hugues | 03 décembre 2008
Complètement d'accord avec toi Hugues, et cela a été l'objet de nos discussions d'hier soir en réunion de la section.
Je publie le compte-rendu dans la journée.
Ecrit par : Nicolas | 04 décembre 2008
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