18 juillet 2008

CONGRES : les contributions thématiques

En vous souhaitant une bonne lecture... (et n'imprimez pas tout svp !!)

 

01- Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France - François Hollande
02- Clarté, Courage et créativité : Choisir maintenant, pour agir demain - Bertrand Delanoë
03- Une vision pour espérer, une volonté pour transformer - Martine Aubry
04- Debout la gauche ! - Marc Dolez
05- Aux militants - Gaëtan Gorce
06- Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes - Franck Pupunat
07- Reconstruire à gauche - Laurent Fabius
08- Combattre et proposer - Ségolène Royal
09- Unité et refondation (s) ! - Frédéric Léveillé
10- Reconquêtes - Henri Emmanuelli / Benoît Hamon
11- Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste - Jean-Marc Ayrault
12- Besoin de gauche - Pierre Moscovici
13- La ligne claire - Gérard Collomb / Jean-Noêl Guerini
14- Réinventer la gauche - Jean-Luc Mélenchon
15- Pour un socialisme du 21ème siècle en France - Pascal Jacquemin
16- Changer ! - Marie-Noëlle Lienemann
17- D'abord, redistribuer les richesses - Gérard Filoche
18- Brèves de campagne - Marylise Lebranchu
19- Pour un socialisme écologique - Géraud Guibert / Christophe Caresche
20- Urgence sociale - Pierre Larrouturou
21- Et si le Parti restait socialiste- Jacques Fleury

... et aussi : les contributions thématiques, à lire sur http://contributions.thematiques.parti-socialiste.fr

11 juin 2008

A propos du libéralisme

Jean-Jacques PAULET nous présente un texte au sujet du libéralisme. Le débat issu de la réunion de section du 4 juin dernier a été animé et riche en contradictions. Les différentes interventions seront mises en ligne au bas de ce texte très prochainement, afin de rendre compte du débat de manière exhaustive.

 

Le définir

Selon le dictionnaire, le libéralisme est " un ensemble de doctrines qui tendent à garantir les libertés individuelles tantôt contre l'arbitraire du gouvernement par la limitation des pouvoirs de l'exécutif, tantôt contre l'influence des groupes par la limitation de la puissance des partis, des syndicats".
Sur le plan économique c'est "une doctrine selon laquelle la liberté économique, le libre jeu des lois naturelles - liberté d'entreprendre, liberté de circulation, libre concurrence- ne doivent pas être entravés par une intervention autoritaire."
Le libéralisme est effectivement théorisé au 17ième et 18ième siècle à partir des analyses et propositions des penseurs de cette époque, Locke, Smith, Montesquieu, Rousseau, Voltaire
Ils établissent la liberté comme le seul moteur de l'activité humaine. Ils considèrent par ailleurs que les intérêts individuels convergent naturellement vers l'intérêt général, la souveraineté ou le pacte social.
On peut considérer aujourd'hui que la doctrine du libéralisme couvre l'ensemble du champ politique, institutionnel et économique sans établir de distinction ni de frontière entre ces domaines. Il existe un continuum.

Le différencier

Le libéralisme ne saurait être confondu avec l'économie de marché. L'économie de marché est une forme strictement économique d'organisation réglementée voire limitative des échanges fondée sur la satisfaction entre une offre et une demande par le moyen d'un prix. L'économie de marché fonctionne depuis des siècles au sein des sociétés marchandes. L'économie de marché concerne l'ensemble des individus, des groupes, des entreprises, des pays, des groupes de pays quelle soit leurs caractéristiques propres.
Le libéralisme ne saurait être confondu avec le capitalisme. Le capitalisme est le système économique de valorisation de l'entreprise par et au profit des apporteurs de capitaux, en considérant de façon subsidiaire la valeur du travail incorporé. Le capitalisme est né véritablement au 19ième siècle avec le développement des techniques, des transports,des découvertes, l'avènement des grandes entreprises, des travaux de grande ampleur nécessitant l'appel à des capitaux importants. Le capitalisme relève normalement d'analyses propres à l'entreprise.
L'économie de marché et le capitalisme peuvent être libéraux comme aux USA. L'économie de marché peut être sociale et écologique comme nous le voulons aujourd'hui. Le capitalisme peut être un capitalisme monopolistique d'état comme les communistes l'avaient défini. L'économie de marché et le capitalisme peuvent être comme en Chine autoritaires à l'intérieur et libres à l'extérieur comme en Chine.

L'analyser

Le libéralisme est une doctrine qui neutralise au plan social voire anthropologique les tentatives de construction d'une société harmonieuse, équilibrée.
Comme il est interdit de porter atteinte au concept fondamental de liberté dont chaque individu est doté, toute proposition de règle qui viendrait limiter l'exercice de cette même liberté, est soit bannie soit l'objet de débats et de conflits sans fin. Le libéralisme ainsi conforté devient le référentiel incontournable de toute action humaine dans nos sociétés, au détriment de toute autre préoccupation et centre d'intérêt collectif.
Au plan individuel, le libéralisme est vécu comme une recherche permanente d'une liberté conduisant à l'épanouissement de la personne. Par cette caractéristique messianique le libéralisme se présente comme une doctrine d'ordre divin, une voie de passage obligé vers le bonheur individuel par définition jamais réalisé. Le libéralisme ne prescrivant par nature aucune limite à la recherche de la liberté individuelle, il génère angoisse, désespérance, folie chez l'individu.
Ainsi se dire, se positionner, se déclarer libéral est soit une banalité, un lieu commun car il n'est plus porté atteinte dans nos sociétés aux libertés acquises, soit une vision dangereuse de l'organisation de nos sociétés et de notre équilibre individuel.
Le nature totalitaire du libéralisme au plan social et individuel, n'a pas échappée à ses concepteurs ni à ses propagandistes actuels. Ils proposent d'en limiter les effets par des principes moraux ou religieux. Cette pondération est à l'initiative de chacun soit imposée à tous. Dans un cas son efficacité est aléatoire. Dans l'autre cas elle contredit les principes de base du libéralisme.
Les vertus et les propriétés affectées au libéralisme ne constituent pas un référentiel efficace de gauche pour aborder et répondre aux questionnements de nos sociétés.
Le libéralisme c'est, par exemple
Plus d'individus et moins de société : la libéralisation de l'expression sur internet, , la négociation du temps de travail dans les entreprises, les retraites individuelles, …
Plus de court terme et moins de long terme : la consommation immédiate contre l'équilibre écologique, la performance individuelle contre l'investissement éducatif, le capitalisme financier contre l'investissement productif…
Plus de conflits et moins de compromis : la concurrence et l'organisation des marchés, l'interventionnisme libéral contre la démocratie dans le monde, la recherche d'adversaires fabriqués tels jeunes, fonctionnaires, état-voyou, …

En conclusion

Le libéralisme ne saurait servir de référentiel politique aux socialistes qui préconisent plutôt la réforme, la démocratie, l'établissement de règles préalables avant l'action, le traitement des conflits par la négociation, l'exercice des libertés individuelles dans un cadre d'une organisation générale acceptée, la prise en compte de besoins collectifs, la participation individuelle à l'effort collectif, la nécessité d'investissement de long terme, la prévention plutôt que la coercition.
" Se dire libéral et socialiste, c'est laisser croire que le socialisme ne parle pas de l'individu, de la liberté ou l'efficacité économique, et qu'il a besoin pour cela de l'apport du libéralisme. Or rien n'est plus faux " Ségolène Royal le 2/6/08.

 

Libéralisme : pourquoi se battre pour les " concepts " ?

Nicolas Dubourg, juin2008

 

Le mot libéralisme est comme beaucoup de mots, un mot valise. Depuis son origine dans l’Europe des lumières à aujourd’hui, tous les courants politiques, des conservateurs les plus farouches aux progressistes les plus acharnés, se sont chargés de lui appliquer la définition qui leur convenait, partant d’un constat simple pour le philosophe de comptoir : qui peut être contre " la liberté " ?

 

Erigé au même rang que des mots comme " justice ", il paraît impossible de bâtir un programme politique moderne sans se réclamer du parti de la liberté.

 

Pourtant, après 30 ans de lutte idéologique et de propagande féroce des partis conservateurs, les mots sont devenus équivoques.

Delà sont apparus au sein même des partis progressistes deux types d’objections qui voudraient entériner la séparation entre libéralisme et liberté:

- la première objection porte sur l’idée elle-même. Elle appauvrit l’idée de liberté en la coupant de l’histoire et voit dans le programme politique qu’elle implique la disparition du lien social au profit de l’individualisme. Mais en limitant la définition de la liberté à la liberté d’agir sans contrainte légale elle oublie que l’exercice de la liberté est soumis à des contraintes sociales (la connaissance, la richesse). Avoir le droit de créer une entreprise et avoir le capital et les connaissances pour la créer effectivement sont deux choses différentes. Les socialistes travaillent à la réunion des conditions concrètes de l’exercice des libertés.

- La seconde objection est plus stratégique et renvoie au vieux démon de notre parti qui privilégie la stratégie politicienne à la cohésion intellectuelle. Elle affirme que le mot libéralisme est un mot incompris par la masse et qu’il faut l’abandonner à nos adversaires pour lui substituer un autre plus consensuel.

 

Ma position est simple.

Premièrement il faut se mettre d’accord sur une définition correcte du mot libéralisme en allant puiser dans les racines de la République et du matérialisme historique de Marx.

La liberté, pour ceux qui ont fondé en France le mouvement socialiste, n’est pas la possibilité pour chacun de faire comme bon lui semble.

De l’article 4 de la déclaration de 1789 :

" La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. "

Les républicains ont sut souligner que la condition de l’individu était largement déterminée par sa naissance, son héritage et que par conséquent l’exercice de la liberté ne pouvait être réalisé par les individus de manière égale.

Comme le rappelle le fronton de nos bâtiments publics, " liberté, égalité, fraternité " il ne peut y avoir de libertés sans égalités (des droits, des accès à la connaissance).

La liberté authentique des républicains s’inscrit dans l’histoire des hommes. Elle ne part pas d’une situation imaginaire où tous seraient égaux en fait. Elle affirme au contraire qu’il existe des différences, mais que les individus, égaux en dignité, ne doivent pas subir la domination d’autrui quand celle-ci serait le fruit de l’héritage.

La liberté que nous défendons est un synonyme d’émancipation, elle implique la responsabilité de chacun vis-à-vis de ses propres choix. Elle s’oppose à son double chétif, que les bonapartistes modernes tentent de lui substituer et qui ne consiste qu’à dire " fait ce qu’il te plaît ".

 

Deuxièmement, il faut combattre le poujadisme rampant de la politique sarkozyste et dénoncer ses constats à l’emporte pièce, qui des discussions de comptoir font une expertise prophétique. Oui, la modernité s’oppose aux positions corporatistes, mais elle sait faire la différence entre le groupe qui œuvre pour lui-même et celui qui agît pour le bien commun. L’amalgame et la simplification sont les armes des néo-conservateurs. Pour les combattre il faut repartir à la conquête de nos mots, de nos valeurs et reposer le débat à l’endroit où il a toujours été :

Voulons-nous une société qui tourne son visage vers le passé, repliée sur elle-même, rétive à l’étranger, défendant les positions de ceux qui sont bien nés ?

Ou voulons-nous au contraire affirmer la puissance modernisatrice de la république ?

Pour cela, il faut se réapproprier les mots de la modernité et cela commence avec les mots " égalité ", " justice " et " liberté ".

21 mai 2008

Réflexions avant le congrès de novembre 2008

Le site de la section s'ouvre au débat en préparation du congrès de notre parti.
Chacun est invité à s'exprimer de la manière la plus libre qui soit.
Après la publication de la déclaration de principe du Parti le 21 avril dernier, voici une contribution de Jean-Jacques Paulet, camarade de la section.
Réagissez en utilisant la fonctionnalité Commentaires !

-------------------------------------------

Notre congrès se prépare en période de forte implication électorale marquée par une certaine désillusion des électeurs vis-à-vis du pouvoir de droite en place et du non règlement des problèmes de la vie quotidienne des gens, le pouvoir d'achat étant représentatif de ce point de vue. Il existe également une attente implicite exprimée à la gauche et à tout le moins à l'opposition et une requête sur la responsabilité et la crédibilité du parti pour être en charge de porter ces attentes. Nos propositions et nos responsabilités doivent être à la hauteur de cette demande politique, et de l'influence obtenue par notre parti sur la période.

Ce ne sera pas un congrès de routine.

François Hollande a raisonnablement fixé un calendrier alors que dès mai 2007 d'aucuns voulaient précipiter les choses soit pour mettre hors jeu notre candidate soit pour la consolider pour le plus grand plaisir de la droite qui de ce fait aurait facilement démontré qu'elle pouvait même être en charge de l'opposition de gauche dans la ligne de sa pseudo politique d'ouverture. La direction d'un grand parti est une chose trop sérieuse pour être définie par des comportements velléitaires peu propices à la réflexion.

Le calendrier étant aujourd'hui établi le processus pré congrès est normalement engagé dans un premier temps au plan des médias. Il en a toujours été ainsi notamment dans les périodes où on attend beaucoup d'un parti fort et reconnu. Rappelons nous Mitterrand et Rocard avant 1981, Jospin et Fabius après sans parler de toutes les initiatives préalables informelles destinées à rassembler sur des contributions puis des motions des personnalités"s, des sensibilités. S'en offusquer qu'il en soit ainsi aujourd'hui est de la plus grande hypocrisie qui soit.

Il est vrai que ce n'est que depuis 1995 que sont élus au suffrage des militants le premier secrétaire, les premiers secrétaires fédéraux et les secrétaires de section. Cette disposition conduit naturellement des camarades à se sentir en capacité d'exercer des fonctions et responsabilités au sein du parti.

Personne ne peut leur faire grief de vouloir le faire et il est bon qu'il en soit ainsi.

Bien évidemment les politiques, les orientations socialistes des différentes motions seront dans un deuxième temps aussi importantes et décisives. Néanmoins les idées et convictions sont portées par des hommes, défendues par eux, valorisées par eux. Le parti ne saurait faire l'impasse sur cette demande de la société et vouloir uniquement se positionner en parfaite rationalité sans tenir compte des personnes. Il est légitime qu'il en soit ainsi. Dans cette optique et en dehors des attaques sur les personnes, voire des anathèmes lancés par des camarades – Michel Rocard en étant l'exemple -, ou par d'anciens socialistes récupérés par la droite pour ce faire – type Allègre – la seule véritable question qui se pose est de savoir si notre prochain premier secrétaire sera, s'il réussit dans son parcours des deux à trois ans suivants le congrès, le candidat naturel du parti en 2012 (version Mitterrand avant 1981), ou au contraire s'il ne doit s'agir que d'un premier secrétaire de transition préparant à la désignation de notre candidat pour 2012, selon des modalités à définir.

La première tendance est représentée par les équipes de Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, l'une et l'autre s'étant manifestés pour briguer le poste de premier secrétaire auprès des militants. La seconde tendance est celle de Pierre Moscovici et d'autres postulants tels Martine Aubry, Julien Dray qui souhaitent ne pas adosser la désignation de notre candidat à celle de premier secrétaire du parti.

Il est normal dans le débat que des stratégies de victoire soient exprimées ainsi.

Le débat démocratique doit cependant être éclairé sur les motivations des uns et des autres, et les militants auront à choisir sur la base des propositions présentées. Ségolène Royal pense légitimement être en capacité de devenir le premier secrétaire de notre parti. Lui dénier cette ambition c'est reprendre des arguments de la droite au moment de la campagne présidentielle, alors que chacun mesure après un an d'exercice du pouvoir le peu de capacité du président élu. C'est aussi argumenter sur la défaite à la présidentielle comme terme ultime à toute ambition, et oublier rapidement que en d'autres temps d'illustres camarades ont subi des défaites encore plus cuisantes avant de réussir. C'est également craindre que, premier secrétaire, elle soit naturellement, si elle réussit dans cette fonction, candidate en 2012 dans la ligne de 2007. C'est oublier aussi qu'occuper la fonction de premier secrétaire de notre parti, pour elle comme pour d'autres, reste une mise à l'épreuve déterminante du succès à l'élection présidentielle.

Bertrand Delanoë pense également légitimement pouvoir devenir premier secrétaire. Personne ne lui dénie cette ambition, même ceux et celles qui voudraient un premier secrétaire de transition. Penser que, désigné à cette fonction, Bertrand Delanoë, ne serait pas en capacité de nous représenter à l'élection de 2012, et que ce serait en quelque sorte un intérimaire, est une analyse peu convaincante au regard de la nécessité pour notre parti de se doter d'un représentant unique à l'élection majeure dans notre système politique.

Pierre Moscovici pense également et légitimement pouvoir prétendre devenir notre premier secrétaire mais uniquement à titre transitoire de façon à mettre le fonctionnement du parti, sa réflexion, la mise en musique de la ligne politique qui aura été adoptée en novembre 2008 et dont il sera le porte-parole, en dehors de tout dispositif et positionnement en vue de l'élection de 2012. Il pense que choisir comme premier secrétaire un responsable voulant ou ayant vocation à être candidat en 2012, c'est polluer la nécessaire rénovation des idées du parti mais également faire de notre premier secrétaire-candidat une cible trop vulnérable aux critiques. Dans cette éventualité le choix de notre candidat serait reporté 12 à 15 mois avant l'élection parmi des candidats n'ayant pas participé à la désignation au poste de premier secrétaire en 20089 ou n'ayant pas été désignés.

Le choix de notre premier secrétaire après le congrès de novembre et sur la base des contributions et plus particulièrement des motions qui auront été votée, est décisif pour le parti s'agissant aussi bien de sa ligne politique que de son leader. Les deux aspects ne sauraient être dissociés ni chez les militants ni dans l'opinion publique.

Soit nous désignons un premier secrétaire dans la perspective qu'il soit candidat de notre parti en 2012 dans une mécanique politique et institutionnelle faisant du leader d'un grand parti le leader naturel pour le représenter à cette élection, et la gagner. Soit nous désignons un premier secrétaire dit de transition dans la perspective que le candidat de notre parti soit choisi ultérieurement dans un dispositif politique et programmatique faisant le projet d'un grand parti l'élément premier pour participer à cette élection et la gagner.

Ce débat est historique chez les socialistes et à gauche. Souvent caché par des considérations de contenu politique c'est celui qui a opposé Jean Jaurès et Jules Guesde, Daniel Mayer et Guy Mollet, Mendès France et Mitterrand, Rocard et Mitterrand. Aucune recette ne permet de privilégier l'une ou l'autre des démarches a priori mais une seule certitude demeure. Seul un leader consacré à la tête du parti par ailleurs consolidé sur une ligne politique définie peut l'emporter dans la compétition.

L'exemple de François Mitterrand est à ce titre très instructif. Candidat de compromis en 1965 d'une gauche dispersée François Mitterrand pas encore socialiste a obtenu 45% des voix à l'élection. Le même François Mitterrand autoproclamé candidat de remplacement pour exercer le pouvoir en 1968 s'est vu rejeté par l'opinion. Toujours François Mitterrand désigné au congrès d'Epinay de 1971 premier secrétaire du parti socialiste nouvellement recréé sur la base d'une coalition interne ayant obtenu un peu plus de 50% des voix a pu normalement être présent à l'élection présidentielle en 1974 au titre du parti au premier tour puis de la gauche au second tour, sans pouvoir l'emporter toutefois. Ce n'est qu'en 1981, ayant assuré sa pleine autorité majoritaire et personnelle sur le parti en 1977 face à une minorité plus intéressée par l'action programmatique, qu'il a pu devenir président de la République.

Dans ces conditions le choix de la ligne politique que nous aurons à déterminer au congrès de 2008, ligne elle-même en perspective de l'élection présidentielle ne saurait être dissocié du choix que nous aurons à faire s'agissant de la désignation de notre premier secrétaire.

Jean-jacques Paulet, 1ère section, 20 mai 2008

22 avril 2008

Déclaration de principe du Parti Socialiste

Ce texte est le projet de la cinquième déclaration de principes du Parti socialiste en un siècle.
Ce projet qui présente les idées fortes du Parti sera soumis au débat et au vote des militants dans la perspective de la convention nationale du 14 juin.

Extrait du préambule

Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie
des Lumières. Il fait siennes les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, proclamées par la
Révolution Française. Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et
l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de
l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société
solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits.[...]
Sa nature est « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », d’inventer le futur [...]

> Téléchargez la déclaration de principe en intégralité

Pour aller plus loin
> Lire l'entretien avec Alain Bergougnioux, secrétaire national aux études
> Lire l'article de Libération du 22 avril 2008
> Site officiel du Parti socialiste